Fusions unies

projet de fresque sportive pour l’automne 2024

Thématiques :  Street art et pictura a fresco, Art et sport inclusif, handicap et inspiration, France/Chine

introduction

À partir d’un socle commun de réflexions et de transmissions autour du handicap créateur élaboré dans deux cadres limougeauds -l’un scolaire et sportif, l’autre universitaire et lié à la création artistique) distincts, le projet de fresque intitulé  Fusions unies  mêle et fédère les principes poétiques spécifiques des corps mis en mouvement par l’ébriété.

Après avoir mené entre mai et juin 2024 une session pédagogique de six séances du handisport et de la création artistique [1]( labellisée Olympiades culturelles), Laure Bréaud, en collaboration avec la doctorante en littérature comparée Mingfei Zha organise à l’automne 2024 un colloque interdisciplinaire qui questionne la maîtrise de l’ivresse et les conditions heuristiques d’une recherche création effectuée en situation de handicap. Les deux événements approfondissent à partir d’angles différents les techniques de corps développées dans le cadre de la thèse de Laure Bréaud Poétique de corps ébrieux. Le projet de fresque sportive Fusions unies se nourrit des deux angles d’attaque de la session pédagogique Les démons du stade et du colloque A la recherche des maîtres ivres  et ouvre les acquis interdisciplinaires de ces deux laboratoires spectaculaires à un public divers, par la réalisation d’une fresque dans un espace publique dédiée à la pratique sportive, aux activités pédagogiques ou à la vie culturelle de Limoges.

Les thèmes traités par la fresque sportive Fusions unies  mettent en scène les stratégies et les valeurs induites par une situation de handicap vécue non seulement en tant que vectrice d’inspiration et de créativité, mais selon une conscience éthique et citoyenne rendue possible par la réalisation d’un doctorat de recherche création. Fusions unies vise à être une réalisation artistique, collective et fédératrice. Outres le duo des doctorantes Laure Bréaud et Mingfei Zha,  de Zhuangzhuang Wang et Yixuan Shen, deux étudiants en quatrième et cinquième année à l’ENSAD Limoges participeront au projet. Fusion unie vise à acter le caractère inclusif, fédérateur et pédagogique des cinq principes[2] de la poétique de corps ébrieux tel que décrit par Laure Bréaud.

Réaliser une fresque sportive dans l’espace public : un Appel a projet de l’ANDES

«  En collaboration étroite avec l’Association Nationale Des Élus en charge du Sport (ANDES), le réseau Sport des Collectivités locales en France et Paris 2024, l’Agence nationale du Sport lance un appel à projets pour soutenir la création de « Fresques Sportives» avec une priorité donnée à la visibilité de l’œuvre dans l’espace public, à la vocation pédagogique et à la mise en valeur des artistes locaux »§

Le projet doit être relayé par des collectivités telles l’Association Nationale des Élus en charge du Sport (ANDES), l’Association des Maires de France (AMF), la Fédération de l’Art Urbain (FU), la Fédération Nationale des collectivités pour la Culture (FNCC) les réseaux de Labels Terre de Jeux 2024, Ville active et sportive, Ville et Métiers d’Art, Ville et Pays d’art et d’histoire.

la porteuse du projet

Artiste en situation de handicap, je vis et travaille à Limoge. J’ai initié sous contrat un doctorat de recherche création en février 2021. Ce travail de recherche création vise à exposer la poétique, c’est-à-dire les modes opératoires de mes gestes de création. En quoi mon handicap informe ma créativité ? Pourquoi et comment sortir d’une conception de soi et ses oeuvres apathologique et, en bref, positive, quand on est au quotidien en situation de handicap ? Pourquoi les principes appliqués de la poétique de corps ébrieux seraient à même de diriger vers un objectif éthique commun un collectif disparate ?

Les acquis de diverses expériences d’enseignement et interventions dans le milieu universitaire ont nourri mes réflexions et mes actions pour transmettre et incarner au travers de peintures, de dessins et de performances, selon les termes les plus ajustés, une poétique visant un objectif d’inclusion et de respect où tous types de corps, y compris le mien que j’ai tant de mal à qualifier, ont leur place; j’ai nommé cette poétique poétique de corps ébrieux . Au sein de cette démarche, le sport, et particulièrement les sports collectifs de balles, ont eu un rôle moteur : c’est grâce à ces activités que je peux fédérer un collectif disparate. Je les convoque pour transmettre des valeurs éthiques nécessairement toujours pensé à partir et avec un vécu exprimé sans garde-fou, et nécessairement toujours accompagnée ( sur la séquence les démons du stade, par Nathalie Perrier, Zhuangzhuang Wang et Yixuan Shen, Alexandre Tzankov et Dorothée Davoise).

 En outres, la juste transmission de valeurs telles l’égalité, la diversité, l’inclusivité, passe nécessairement dans mon cas parallèlement par la création artistique, entendue selon  Dürer comme : «  une œuvre de rêve  [qui] doit mélanger toutes choses ».

Le projet 

cadre théorique

La fresque sportive Fusions unies est l’espace où fusionne en un seul élan l’écriture,  la création plastique, et l’insertion citoyenne, qui met tout autant en jeu le vécu personnel  que la réflexion et l’action éthique et politique.

Comme il est commun quand on est artiste, l’enfance et particulièrement le regard de l’enfant a acquis au fil des années une importance cruciale dans ma pratique. Orientée par les dialogues et les échanges avec mon fils grandissant, j’ai mesuré l’importance que peut avoir  la présence, les activités et la parole d’un enfant sur la vie adulte. L’amour est le fil guide d’une  relation profondément éthique entretenue entre mon fils et moi, autrement dit entre un enfant parfaitement adapté et sportif et sa mère en situation de handicap. L’amour que je porte à mon fils est vécue selon des modalités voisines que celle de l’ivresse ressentie et exprimée lorsque je crée : un amour qui dépasse ma conscience de beaucoup meût avec la même ardeur mes gestes maternelles et mes gestes de création.

Or, cette amour me pousse également à un effort réflexif effectué depuis que mon fils parle pour trouver comment et quoi transmettre à un enfant qui me fait être un corps épanoui quoiqu’ébrieux par devant moi, un corps vécu comme complet et comblé.

 À la valeur esthétique que j’ai accordé selon des codes culturelles profondément ancrés et communs à de nombreuses sociétés en tant qu’artiste à mon enfant en tant qu’exemple de Beauté se superpose aujourd’hui la valeur éthique que je donne en tant que mère en situation de handicap à mon enfant en tant qu’être dont la vulnérabilité construit les pouvoirs curatifs et la puissance. Mon enfant me fait être hors de la situation de handicap en ajustant des terrains de jeu épanouissants, formateurs, fortifiants, dans le dialogue et par l’action. Fondés sur l’échange, la proximité physique, la douceur et l’humour, les terrains de jeu conçus au fil des années par un fils et une mère sont des environnements propices à une inspiration débridée. Le désir de partager ces expériences et de les faire fructifier dans un cadre sécurisant institutionel, a convoqué des bribes de poèmes et de textes mémorisées durant mon enfance. Ces souvenirs ancrent la fresque sportive dans l’univers des poèmes et de l’oralité.

Le lien qui m’unit à l’oralité est un lien anachronique en France en 2024 qui plonge ces racines dans mon enfance. L’apprentissage par cœur était une modalité pédagogique mineure durant ma scolarité, mais j’acquis cependant très tôt, pour de multiples raisons, cette technique de connaissance. C’est souvent sur elle que repose la première étincelle de mes projets de création, faisant apparaître, ou convoquant comme une pythie logée en moi, un titre, la plupart du temps extraite d’un texte de l’enfance.

 Les démons du stade procède ainsi,en faisant référence à Pline le jeune et Victor Hugo, une réminiscence de la quatrième République où on grandit mes parents.

I Extrait des démons du stade, Pline Le jeune, Lettre

[…] Nunc favent panno, pannum amant, et, si in ipso cursu medioque certamine hic color illuc, ille huc transferatur, studium favorque transibit, et repente agitatores illos, equos illos, quos procul noscitant, quorum clamitant nomina, relinquent.

(Et si jamais, en pleine course et au beau milieu de la lutte, on intervertit les couleurs, leur engouement et leur faveur changeront de camp; tout à coup ils laisseront tomber ces fameux auriges, ces illustres chevaux qu’à tout moment ils reconnaissent à distance, dont ils hurlent les noms. )

II Extrait des Djinns de Victor Hugo

« Il fuit, s’élance,
Puis en cadence
Sur un pied danse
Au bout d’un flot.
La rumeur approche.
L’écho la redit.
C’est comme la cloche
D’un couvent maudit ;
Comme un bruit de foule
Qui tonne et qui roule,
Et tantôt s’écroule,
Et tantôt grandit.
Dieu ! La voix sépulcrale
Des Djinns !…Quel bruit ils font !

 cadre pratique ( en cours)

La peinture a fresco européenne et rupestre a construit mon regard. La peinture a fresco raconte une histoire, généralement à l’échelle un ou en vignette.

Mon street art se situe entre le graffiti, la parole écrite et la peinture a fresco. En tant que peintre et citoyenne, le mur public est selon moi le support idéal de la peinture. Mais du fait de mon handicap, je n’ai quasiment jamais pu accéder à ce support sans risque.

Les pistes visuelles

Marquage de terrains de handball et de basketball et tatamis (Bugeat)

Visuels pour le projet Octogone par  l’architecte Vesko Tzankov

Broderie et collage des démons du stade

Arret sur image des archives des démons du stade

EN COURS Dessin de ZhuangZhuang Wang à la séance #2des Démons du stade

EN COURS Poème de Mingfei Zha

Mots de conclusion

 (en cours)


[1] au cours de la derniere session ECTM d’une classe de CE2

[2] 1 trouver sa mesure

2. tuilage

3 défense flottante

4 mash up

5 conatus

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