fresque en hommage à Alain Mimoun

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final

Etapes

Cartel / discours pour l’inauguration du 24 octobre

Alain Mimoun, engagement entre les disciplines

La fresque est un hommage à Alain Mimoun, elle a pour thème l’engagement.  Elle donne des repères interdisciplinaires, entre arts et sports, pour définir l’engagement, pour rêver de ce que l’engagement d’une équipe soudée par l’amitié peut atteindre, quand il se déploie dans un environnement adapté. A gauche, trois personnages copiés de La forge de Vulcain du peintre espagnol Velasquez, à droite une figure de la Grèce antique jouant de la cithare : deux représentations de proverbes populaires sur l’engagement : le premier « C’est en forgeant qu’on devient forgeron » ; le deuxième, tiré de l’Éthique à Nicomaque d’Aristote : « C’est en jouant de la cithare qu’on devient cithariste ».

Entre ces deux incarnations de proverbes populaires, nous avons fixé à six mains, Clémentine l’Heryenat, Lorie A. Tran et moi-même nos forces créatrices et imaginaires combinées. Les coureurs de Clémentine parcourent de bout en bout la fresque, des murs extérieurs à la main grecque où les rubans de la course finissent. La silhouette des coureurs de la taille de poupée sont entrés en dialogue amical avec l’architecture du centre, striée de bois, et s’insèrent partout, blancs ou finement striés aux crayons de couleur, quel que soit le support où ils sont collés (affiche, béton, acrylique). Alain Mimoun est fidèlement dessiné par Lorie, traduisant avec respect le visage du sportif héroïque, et une photographie iconique de son marathon de Melbourne en 1956. Quant à « mon » Alain Mimoun, il est une vibration, reconnaissable à la détermination du regard. La fresque est une geste modeste de la vie de Mimoun, soulignée par le déploiement sur la longueur de rubans agités comme les rubalises aux vents ou les phylactères qui sortent de la bouche des prophètes. Ils suggèrent  la trajectoire historique du vainqueur, toujours accompagnés de nombreuses autres lignes de vie.

Peindre cette fresque a rafraîchit ma mémoire : elle m’a donnée l’occasion de  me situer entre des traditions picturales auxquelles j’ai toujours été sensible. (la peinture d’histoire, la bande dessinée, la peinture pariétale, Max  Beckmann)

Corps en situation de handicap, diversité et travail d’équipe, amitié et création adaptée

Au sein de ma pratique d’artiste en situation de handicap, la peinture murale -fresque ou street art– est une étape essentielle. Peindre une fresque dehors, aux yeux de tous et à échelle humaine,  nécessite une activité physique intense -un engagement- du corps entier, de la tête aux pieds, et me permet de prendre place dans l’espace publique. Du fait de mon handicap, du fait de ne pas trouver de résidence de création adaptée, j’ai trop souvent dû renoncer à l’engagement entier de mon corps qui conditionne pourtant la qualité de mon art. J’ai également longtemps renoncé à rester présente dans les espaces publiques où mon statut d’artiste pouvait justifier que je veuille être.

Pour être debout et solide sur mes appuis alors que j’ai peu d’équilibre et que ma vision et mes gestes ne répondent pas aux garde-à-vous, j’ai recours aux vertus de l’amitié et à l’intelligence adaptative d’altérités et d’environnements étrangers.  Être une équipe animée par les mêmes élans éthiques, amicaux et artistiques permet de braver de nombreux défis, celui de l’urgence, celui de la fatigue, ceux inévitables de nos insuffisances, signes ou stigmates de notre humanité.

Les acteurs de la fresque sont nombreux : nous, le noyau dur d’amis, mais aussi les publics allants et venants de la semaine, colo de Brive, coureurs, enfants d’âges et de conditions diverses, le regard curieux et franc du personnel du centre, l’espace publique enfin qui tout en étant dédié à la pratique des sports, est adapté à de nombreuses situations de handicap.

Epispou

Prolongeant ma thèse intitulée Poétique de corps ébrieux, cette fresque est une EPISPOU : un tremplin sérieux, réalisée par des artistes sérieuses.

Epispou est un mot que j’ai inventé. C’est un mélange des mots de grec ancien epistrophé qui signifie tremplin, grade ou etape et spoudaios qui signifie individu sérieux, intègre, qualité fondamentale de l’homme selon Aristote.

Ce que vous voyez n’est pas une œuvre d’art,  c’est une epispou, tremplin sérieux pour vous, nous, et la suite des mondes, du centre et de ces murs.

travaux préparatoires

premières notes ( réalisées pour une fresque sur le mur extérieur)

Alain Mimoun court à n’en plus finir

poursuit quelques rêves

noués, entre et au-delà

de rubalises de Nous,

de rubans envahis de démons, quelques

mondes où figurent des déroulés ouverts au peuplement.

L’arrivée vers laquelle Alain Mimoun court,

c’est l’air lunaire

amoureux qui circule entre les forgerons et la cithariste

ces parents.

description

Du 19 au 24 octobre 20026 sera réalisé une fresque extérieure à l’invitation de l’Association des amis de Bugeat, dans le cadre du festival SPOC Automne 2026 et grâce aux bons soins et à l’accueil de l’équipe de l’espace 1000 Sources – centre sportif Alain Mimoun.

La fresque s’intitule Rêve de Mimoun. Je désire prolonger la « méthode » – ou poétique – mise en place durant ma thèse de Recherche-création.

Construite autour du concept de corps ébrieux, ma poétique s’articule grâce à

  • la transmission pédagogique
  • la diversité et même disparité
  • nos corps
  • l’Inter
  • une éthique dont le coeur est la persévérance et la vulnérabilité
  • l’approfondissement des liens entre analyse et pratique, faire et savoir, langage et gestes.

La fresque est une création commune autour d’une construction picturale narrative simple. La fresque est constituée de quelques phylactères, rubans et rubalises qui sont déployés en circonvolutions ornementales le long du mur de 8 mètres. De l’accueil à l’escalier, seront collés trois ou quatre Alain Mimoun courant grandeur nature ( ou échelle 1).

Aux escaliers se trouvera deux ou trois forgerons et une cithariste copiés de Velasquez et Caravage. Ces figures seront à l’échelle 1 ou 1,5 et seront directement peintes sur le mur. Elles sont l’arrivée et le rêve éternel du coureur. Forgerons et cithariste symbolisent en second lieu une maxime bien connue (des pédagogues, qu’il soit du sport, de la musique ou de la philosophie) :

« C’est en forgeant qu’on devient forgeron » et sa version aristotélicienne, celle à laquelle V. Jankélévitch accorde beaucoup d’importance pour définir l’engagement  » c’est en jouant de la cithare qu’on devient cithariste. »

Sur les rubans gesticulants, sautent,crient se reposent ou trépignent des ribambelles de petits personnages. Ce seront des grappes, amas, démons, esprits animaux et foules en délire ou saint en extase…; ils seront collés ou dessinés directement dans les rubans à une échelle de poupée, réalisés à la discrétion et au talent de mes amis qui se succèderont durant la semaine.

Ces rubans ne feront pas salle comble en 4 jours, et il restera probablement beaucoup de bout de rubans à peupler par de futurs hôtes du centre sportif.

Engagement, corps collectif ou travail d’équipe, éthique du moindre geste, trois formules maîtresses qui ordonnent la fresque.

Le rêve de la maman d’A. Mimoun :

La fresque sera réalisées à diverses mains et peut être continuée, complétée. Elle reprend des techniques du Street art et de la tradition des peintures murales (. des peintures a fresco d’Europe jusqu’au muralisme mexicain)

Ce que je peux en dire aujourd’hui, c’est que cette manière de peindre me réconcilie avec l’histoire et la narration, peut être aussi un peu avec l’Histoire avec un grand H, les événements contemporains politique et géo politiques qui me dépassent.

transmission

La réalisation de cette fresque m’offre la possibilité de donner la deuxième séance de mon séminaire Du corps ébrieux au centre sportif, un espace de création adaptée, propice à inventer des pratiques artistiques inclusives, éthiques et Inter ( une annexe correzienne du CNCA?). Le cadre est idéal pour éprouver les concepts titubants en sécurité.

Transmettre m’offre rebond et élan, c’est ce que je ressens en tant en tant qu’artiste-pédagogue.; je renverrais la balle à mes étudiants afin qu’il aient eux aussi accès à une expérience d’élan et de rebond ( vers… leurs goals du moment et vers un goal commun).

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